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Les Archives bouddhistes du Dr. Alexander Berzin

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Actes d’entraînement à l’état de la promesse de bodhichitta d’aspiration

Modifié en mars 2002 par Alexander Berzin
Traduit par Pauline M. Silbermann
L’initiation de Kalachakra
Alexander Berzin
Traduit par Marie-Béatrice Jehl
Éditions Dangles, 2000

La bodhichitta d’aspiration et la bodhichitta d’engagement

Les bodhisattvas sont ceux et celles qui ont développé la bodhichitta (byang-sems) : un cœur totalement dédié aux autres et à l’atteinte de l’illumination, afin de leur être aussi pleinement bénéfique que possible. Il y a deux niveaux de bodhichitta :

  1. la bodhichitta d’aspiration (smon-sems),
  2. la bodhichitta d’engagement ('jug-sems).

La bodhichitta d’aspiration est le souhait intense de surmonter nos insuffisances dans le but de réaliser nos potentialités pour être bénéfiques à tous les êtres. La bodhichitta d’engagement signifie s’engager dans les pratiques qui permettent d’atteindre ce but et prononcer les vœux de bodhisattva pour se retenir d’agir de façon préjudiciable au but poursuivi. La différence entre les deux niveaux est comparable à la différence entre souhaiter devenir médecin, et effectivement entrer à la faculté de médecine.

La bodhichitta d’aspiration simple et de promesse

Nous pouvons, à travers la participation à une cérémonie spéciale, engendrer l’état d’aspiration à la bodhichitta, mais cela n’implique pas de prononcer des vœux de bodhisattva.

La bodhichitta d’aspiration a deux stades :

  1. souhaiter simplement devenir un Bouddha pour le bénéfice des autres (smon-sems smon-pa-tsam),
  2. promettre de ne jamais abandonner ce but avant d’y être parvenu (smon-sems dam-bca'-can).

Avec la bodhichitta à l’état de promesse, nous promettons de nous former aux cinq actes qui nous aideront à ne jamais perdre cette résolution. À l’état de développement du simple souhait, cette promesse n’est pas requise. Les quatre premiers entraînements nous aident à ne pas laisser décliner notre résolution dans cette vie. Le cinquième entraînement nous aide à ne pas perdre notre résolution dans des vies futures.

Les quatre entraînements pour développer une bodhichitta qui ne décline pas dans cette vie

  1. Chaque jour et chaque soir, se souvenir des avantages de la motivation de bodhichitta. De même que nous surmontons aisément notre fatigue et que nous puisons dans nos réserves d’énergie pour nous occuper de nos enfants, de même nous surmontons facilement toutes les difficultés et utilisons toutes nos potentialités lorsque notre première motivation dans la vie est celle de la bodhichitta.

  2. Réaffirmer et fortifier cette motivation en dédiant à nouveau notre cœur à l’illumination et à autrui, trois fois par jour et trois fois la nuit tombée.

  3. Mettre tous nos efforts dans l'accumulation de force positive et de conscience profonde (accumulation de mérite et de vue profonde) pour édifier un réseau d'illumination. En d’autres termes : aider les autres aussi efficacement que possible en ayant une conscience aussi profonde que possible de la réalité.

  1. Ne jamais abandonner nos tentatives d’aider quiconque (ou pour le moins, le souhait d’être capables de le faire), quel que soit le caractère de cette personne.

L’entraînement pour ne pas perdre le but de bodhichitta dans des vies futures

Le cinquième entraînement nécessite de se débarrasser des quatre types de conduite trouble (nag-po'i chos-bzhi, les quatre agissements « noirs ») pour adopter à leur place les quatre conduites radieuses (dkar- po'i chos-bzhi, les quatre comportements « blancs »). Dans chacun des quatre ensembles suivants, le premier correspond au type de comportement trouble auquel nous nous efforçons de mettre fin, et le second est le type de comportement radieux que nous nous efforçons d’adopter.

  1. Arrêter une fois pour toutes de duper nos professeurs spirituels, nos parents ou la Triple Gemme. Au lieu de cela, toujours faire preuve d’honnêteté à leur égard, surtout en ce qui concerne notre motivation et nos efforts pour aider les autres.

  2. Arrêter une fois pour toutes de vouloir prendre en défaut les bodhisattvas ou d’avoir une attitude de dédain à leur encontre. Au lieu de cela, du fait que seuls les Bouddhas peuvent être certains de savoir qui est un bodhisattva en réalité, considérer chacun(e) de manière pure, comme s’il ou elle était notre professeur. Même si certaines personnes agissent avec grossièreté et inconvenance, elles nous enseignent au moins à ne pas en faire autant.

  3. Arrêter une fois pour toutes de faire regretter aux autres ce qu’ils ont fait de positif. Si quelqu’un nous rend service en tapant une lettre et fait des fautes de frappe et si, indignés, nous l’accablons de reproches, cette personne ne nous offrira plus jamais son aide. Au lieu de cela, encourager les autres à être constructifs et, s’ils sont réceptifs, les encourager à travailler à surmonter leurs insuffisances afin de réaliser leur potentialité pour devenir plus utiles à autrui.

  4. Arrêter une fois pour toutes d’être hypocrites ou prétentieux dans nos rapports avec les autres ; en d’autres termes : cesser de cacher nos défauts et de prétendre avoir des qualités que nous n’avons pas. Au lieu de cela, prendre sur nous la responsabilité d’aider les autres et, de ce fait, être toujours honnêtes et francs au regard de nos limites et de nos capacités. Il est très cruel de faire des promesses que nous ne pouvons pas tenir, car cela éveille de faux espoirs chez les autres.