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Les Archives bouddhistes du Dr. Alexander Berzin

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Les préliminaires de la méditation
et de l’étude :
la pratique à sept branches

Alexander Berzin
Berlin, Allemagne, le 9 janvier 2001
Traduit par Pauline M. Silbermann

Ce soir, je voudrais expliquer de façon plus terre-à-terre en quoi consistent les préliminaires auxquels nous procédons avant le début de chacun de nos cours sur le texte de Shantidéva, Engagement dans la conduite d’un bodhisattva (Bodhisattvacharya-avatara). Ils comprennent la pratique à sept branches, qui a son origine dans ce texte. Procéder à ces préliminaires avant d’écouter et d’apprendre le Dharma nous aide à établir un état d’esprit réceptif approprié. Nous nous adonnons au même ensemble d’exercices avant nos sessions de méditation quotidienne ou d’étude du Dharma à la maison.

Nettoyer la pièce et disposer les offrandes

Si nous faisons ces pratiques à la maison en tant que préliminaire à la méditation, il faut d’a bord balayer et ranger la pièce, comme nous le faisons avant le cours. Par exemple, si des papiers ou des vêtements sont éparpillés partout dans la pièce, il faut les ranger. Ce faisant, nous pensons : « Puisse mon esprit devenir clair, propre et ordonné comme cette pièce que je range ».

Il est très important de méditer et d’étudier dans un environnement où tout est soigné, propre et en ordre. Ceci est valable aussi pour notre lieu de travail. Ce que nous voyons, même du coin de l’œil, influence grandement notre état d’esprit. Si tout est en fouillis autour de nous, notre esprit tend aussi à être en fouillis. De plus, il est bénéfique d’avoir un endroit d’étude ou de méditation qui soit agréable. En général, l’esprit se réjouit à la vue d’un environnement agréable à regarder, et un état d’esprit heureux est réceptif à des choses constructives. Si ce que nous voyons autour de nous est laid, nous tendons à vouloir le rejeter, ce qui influence négativement notre état d’esprit. C’est pourquoi nous disposons un bel autel dans la pièce – une sorte d’étagère ou de table recouverte d’un joli morceau de tissu sur lequel nous plaçons au moins une statue du Bouddha ou une image qui représente ce à quoi nous aspirons, la direction sûre de notre vie (refuge).

Chaque matin, après avoir fait notre toilette et rangé la pièce, nous faisons offrande d’un bol d’eau. Il n’est pas nécessaire de le faire avec les sept bols d’eau habituels si cela n’est pas pratique ; l’offrande d’une simple tasse d’eau claire suffit, nous n’essayons pas d’impressionner qui que ce soit. Si nous le souhaitons, nous pouvons aussi faire des offrandes de bougies, de fleurs, d’encens, etc. mais c’est optionnel. Comme on l’explique traditionnellement, non seulement nous créons un espace de beauté pour inviter les Bouddhas et les grands maîtres dans nos visualisations, mais nous arrangeons aussi la pièce de façon à nous y sentir bien et heureux d’y être. Le fait de procéder ainsi nous met dans un état d’esprit propice à la méditation, à l’étude ou à l’écoute des enseignements.

Se focaliser sur la respiration

Avant de s’asseoir, la coutume est de se prosterner trois fois devant l’image du Bouddha placée sur l’autel. Pour éviter de donner un caractère mécanique à nos prosternations, sans aucun sentiment derrière, nous devons d’abord amener notre esprit dans l’état approprié. Pour cela, nous nous concentrons sur la respiration et réaffirmons notre motivation. Quoique nous fassions souvent ces deux choses après nous être assis, il vaut mieux les faire avant, lorsque l’on est debout.

D’abord, nous nous calmons et mettons une distance entre ce que nous faisions et ce que nous sommes sur le point de faire. Pour cela, nous devons nous mettre dans un état d’esprit calme et neutre avant de générer une attitude positive. Nous nous y prenons en nous concentrant sur la respiration, le regard légèrement posé sur le sol devant nous. Si nous sommes particulièrement perturbés ou stressés, nous préférons peut-être fermer les yeux tout en nous calmant, mais les laisser entrouverts est la méthode préférée.

Nous respirons normalement par le nez, pas trop vite, pas trop lentement, pas trop profondément et pas trop superficiellement. Nous ne retenons pas notre souffle, mais nous marquons une pause après l’expiration et avant la prochaine inspiration. La méthode habituelle est de compter silencieusement l’expiration, la pause et l’inspiration comme formant un cycle respiratoire, mais si cela nous embrouille, nous pouvons aussi compter l’inspiration, l’expiration et la pause comme un cycle. Normalement, nous comptons ainsi jusqu’à onze, puis nous répétons deux ou trois fois le cycle de onze.

Nous appliquons la procédure de compter la respiration uniquement lorsque notre esprit est particulièrement agité, pris dans des pensées extérieures. Si notre esprit n’est pas tellement distrait, pas besoin de compter ; il suffit de se concentrer sur la sensation du souffle qui entre et sort par les narines. Une autre possibilité est de compter quelques cycles respiratoires et de continuer sans compter. Quelle que soit la façon dont nous nous concentrons sur la respiration, nous continuons jusqu’à ce que nous ayons atteint au moins un certain niveau de silence et de calme intérieurs. Tant que notre esprit est secoué de pensées extérieures, nous ne sommes pas capables de bien méditer ou d’écouter attentivement des enseignements.

Examiner la motivation ou le but

Une fois que notre esprit est relativement pacifié, nous examinons pourquoi nous allons méditer ou étudier, ou quelle raison nous a amenés à venir à un cours de Dharma. En d’autres termes, nous examinons notre motivation, ce qui, dans le bouddhisme, désigne l’objectif ou le but dans lequel nous faisons quelque chose. Sommes-nous venus ici ce soir mécaniquement, juste par habitude, sans avoir un but particulier à l’esprit, ou pour trouver de la compagnie et voir des amis dans une ambiance agréable ? Ou sommes-nous vraiment venus ici pour apprendre quelque chose ? Voulons-nous apprendre quelque chose qui est seulement intéressant intellectuellement, ou souhaitons-nous apprendre quelque chose de pratique, que nous pouvons appliquer à notre vie ? Si c’est quelque chose que nous voulons appliquer à notre vie, quelle en est la raison ? Quel est le but ? Est-ce pour nous rendre la vie un peu plus facile ? Est-ce pour surmonter des difficultés que nous avons ? Ou est-ce en plus pour être à même de causer moins de problèmes aux autres ? Est-ce pour devenir capables d’aider davantage les autres ? C’est peut-être un mélange de plusieurs de ces raisons.

Voulons-nous continuer à apprendre le texte de Shantidéva afin d’établir des habitudes qui nous apporteront des renaissances favorables, avec davantage de facilités pour continuer à étudier et à pratiquer le Dharma ? Et pour pousser plus loin, faisons-nous cela pour devenir en plus capables d’a rriver à la libération de toutes les sortes de renaissances à la récurrence incontrôlable ? Et pour pousser encore plus loin, souhaitons-nous apprendre ce texte sur la conduite d’un bodhisattva pour pouvoir aider les autres à éviter les renaissances incontrôlables ou à s’en libérer ? Même si ce n’e st pas pour l’une de ces trois dernières motivations, poursuivons-nous au moins le but d’e ssayer de nous développer et de faire aller notre vie dans cette direction ?

Nous suivons la même procédure d’introspection avant de commencer à méditer ou à étudier chez nous le texte de Shantidéva. Si nous découvrons que notre motivation ou notre but n’est pas tout à fait noble, comme méditer par habitude ou par sentiment de culpabilité parce que nous nous apprêtions à sauter la session de méditation, nous rectifions notre motivation de sorte qu’elle soit plus saine. Si nous avons déjà une motivation constructive, nous la réaffirmons. Il est très important de suivre ce processus, car il est facile d’aller aux enseignements ou de méditer de façon mécanique, ce qui fait que nous en tirons très peu de bienfaits.

Prosternation avec refuge et bodhichitta

Ensuite, nous « prenons refuge et développons la bodhichitta ». Cela signifie que nous réaffirmons notre but et notre souhait de faire aller notre vie dans une direction positive et sûre, ce qui est ma traduction de « prendre refuge ». Nous essayons de penser et de ressentir : « Je veux aller dans une direction sûre pour éviter d’avoir des problèmes et des difficultés. Je ne veux pas de problèmes et de difficultés. La pensée de continuer dans la situation difficile où je me trouve, m’emplit d’épouvante. » Qu’est-ce qui indique la direction positive qui permet d’éviter les problèmes ? C’est un état d’esprit complètement exempt de confusion et empli de toutes les qualités positives. Un tel état de purification et de croissance, c’est le Dharma. Ceux qui ont complètement atteint un tel état et qui en montrent la direction, ce sont les Bouddhas. Ceux qui ont atteint un tel état dans une certaine mesure, et qui montrent aussi cette direction, c’est le Sangha. Voilà la direction que je vais faire prendre à ma vie. Prendre refuge veut dire réaffirmer cette direction de vie.

De plus, je prends cette direction sûre et positive afin de devenir capable d’aider les autres aussi pleinement que possible, pas seulement pour mon propre bénéfice. Pour atteindre ce but, il faut que j’aille jusqu’au bout, jusqu’à la fin du voyage, jusqu’à l’illumination ; il ne faut pas que j’abandonne la partie, il ne faut pas que je me satisfasse de parcourir juste une partie du chemin. C’est ce que nous faisons lorsque nous réaffirmons le refuge et la bodhichitta.

Lorsque nous ressentons cette attitude mentale, ou cet état d’esprit, qui nous pousse à aller vers une direction sûre afin de devenir capables d’aider les autres autant que possible, nous faisons une prosternation. Si nous nous sommes déjà assis et que nous avons décidé de ne pas nous lever pour nous prosterner physiquement, nous pouvons tout simplement le faire en imagination. Dans un sens, nous prosterner revient à nous jeter complètement dans cette direction, et à le faire avec respect – respect pour ceux qui sont allés dans cette direction, et respect pour nous-mêmes et notre aptitude à faire de même. Ainsi, faire des prosternations n’est pas un acte d’autodénigration ; ce n’est pas nous rabaisser, mais c’est nous élever.

Voilà pour la première branche de la pratique à sept branches : la prosternation avec refuge et bodhichitta. Si nous nous trouvons dans un groupe d’études, nous nous asseyons maintenant.

L’offrande

Ensuite vient l’offrande. L’état d’esprit principal, qu’il convient de développer lorsque l’on fait des offrandes dans ce contexte, est le suivant : je vais dans cette direction. Non seulement je me jette complètement dans cette direction, mais je suis prêt(e) à donner de moi-même, de ma façon de vivre, de mon temps et de mon énergie pour atteindre ce but. Je suis prêt(e) à donner tout mon cœur pour aller dans cette direction afin d’aider davantage les autres. C’est dans cet état d’e sprit que nous faisons des offrandes.

Bien qu’en général, nous les accompagnions de visualisations, nous pouvons faire l’offrande d’u ne manière physique si nous pratiquons dans notre pièce de méditation. Après nous être prosternés et avant de nous asseoir, nous allons vers l’autel, trempons le quatrième doigt de la main gauche dans le bol d’eau et, d’une chiquenaude, nous faisons tomber quelques gouttes à trois reprises, ce qui est symbolique de faire des offrandes. Dans un sens, nous faisons des offrandes aux Bouddhas, mais pas avec l’attitude de faire un don pour que les Bouddhas nous aident et que, si nous ne donnons rien, ils nous ignoreront. C’est plutôt que nous offrons tout à la direction que nous prenons dans notre vie. Nous essayons de faire cela dans un état d’esprit joyeux, heureux d’être capables de nous offrir nous-mêmes.

Si nous le souhaitons, nous pouvons faire des offrandes élaborées, comme dans le texte de Shantidéva. Il n’est pas nécessaire de passer en revue une longue liste de choses que nous allons offrir, mais nous pouvons imaginer toutes sortes de beaux objets. L’important est d’avoir le sentiment que nous donnons de nous-mêmes. C’est là la deuxième branche de la pratique préliminaire : l’offrande. Si nous l’avons faite devant l’autel, nous reprenons maintenant notre place assise.

Admettre travers et défaillances

La troisième partie consiste à admettre en toute honnêteté nos faiblesses, difficultés et problèmes. Nous regrettons de les avoir, car ils nous empêchent d’aider au mieux les autres. Nous souhaiterions en être exempts et sommes résolus à essayer de ne pas répéter nos erreurs. Nous réaffirmons la direction sûre et positive que nous essayons de faire prendre à notre vie pour aider les autres de façon plus complète et, enfin, nous nous rappelons qu’étudier et méditer le texte de Shantidéva sont des actes positifs par lesquels nous contrecarrons nos défauts. Cette troisième branche est très importante, parce qu’en admettant que nous avons des problèmes, nous réaffirmons notre but et notre raison d’être ici. Nous voulons apprendre les méthodes qui permettent de surmonter nos difficultés pour pouvoir ensuite les mettre en pratique.

Se réjouir

La quatrième branche consiste à se réjouir, ce qui aide à contrecarrer le manque éventuel d’e stime de soi, susceptible de survenir à la suite de la reconnaissance de nos problèmes, erreurs et difficultés. Nous avons besoin d’établir un équilibre entre la conscience que nous avons de nos limites et de nos défaillances, et les choses positives que nous avons faites. Nous avons tous des qualités positives et avons tous fait des choses positives. Par exemple, nous pouvons découvrir que nous avons essayé de nous rendre utiles, que nous avons essayé d’avoir de la patience, ou que nous avons essayé d’être compréhensifs, ou d’autres choses encore. Nous les rappelons à notre mémoire, et nous nous en réjouissons. Nous nous réjouissons aussi de notre nature de bouddha ; nous avons la potentialité et la capacité de grandir. Nous avons une base de travail ; il y a de l’espoir. Nous regardons aussi les exemples de qualités positives et d’actes constructifs chez les autres et nous nous en réjouissons également, sans ressentir de jalousie. C’est merveilleux qu’il y ait d’autres personnes aussi positives et serviables et, surtout, c’est merveilleux qu’il y ait de grands maîtres. Cela ne se réfère pas seulement aux professeurs spirituels vivants, mais aussi aux Bouddhas et à Shantidéva. Nous pensons comme il est merveilleux que Shantidéva ait écrit ce texte ! Je m’en réjouis. Merci Shantidéva. Il est important d’avoir cet état d’esprit.

Solliciter l’enseignement

Après nous être réjouis des qualités des grands maîtres et avoir remercié Shantidéva d’avoir écrit ce texte, nous sommes prêts pour la cinquième branche : solliciter l’enseignement. Nous pensons : « Shantidéva, il est extraordinaire que tu aies écrit ce texte. Enseigne-moi quelque chose sur ce texte ; je veux apprendre quelque chose. » Cette requête vient contrecarrer l’attitude qui consiste à lire ou écouter un enseignement sur ce texte en n’ayant que des exceptions en tête comme : « Comment les enseignements sur la patience pourraient-ils jamais fonctionner dans le cas des atrocités commises par Hitler ? » Bien qu’il soit important de passer les enseignements au crible pour examiner leur validité, il est nécessaire de penser en termes de leur application à notre vie quotidienne. Une fois que nous comprenons comment ils fonctionnent et que nous en apprécions le fonctionnement, alors nous pouvons examiner s’il y a des exceptions. Alors, nous pouvons analyser si les enseignements sur la patience ne s’appliquent pas du tout à des exemples extrêmes comme le cas d’Hitler, ou bien si ce sont des cas dans lesquels les enseignements ne peuvent être appliqués qu’à un niveau avancé. Lorsque l’on écoute un nouvel enseignement, une réponse immédiate qui commence par un « mais » est contre-productive à l’attitude d’ouverture mentale qui consiste à vouloir apprendre quelque chose. C’est pourquoi il est crucial d’approcher le texte avec l’attitude de « enseigne-moi quelque chose ». C’est dans cette attitude que nous essayons d’abord de voir comment nous pourrions appliquer ce que nous lisons ou entendons. Nous voyons absolument tout, dans le texte de Shantidéva, comme un enseignement pratique qui s’applique à nous personnellement – chez nous, sur notre lieu de travail, dans notre famille et avec nos amis.

Si nous pratiquons le préliminaire à sept branches avant une session de méditation, nous sollicitons aussi les professeurs et les textes de continuer à nous instruire, dans le sens où nous voulons aller plus avant dans notre méditation. Nous sollicitons leur inspiration de manière à obtenir de leurs enseignements un regard plus profond, une compréhension plus vaste et une réalisation spirituelle plus grande.

Implorer les Maîtres de ne pas s’éteindre

Nous sommes maintenant prêts pour la sixième branche, qui consiste à implorer les professeurs de ne pas s’éteindre. Nous pensons : « Je vous en prie, ne cessez jamais d’enseigner ; continuez pour toujours. » Ce n’est pas par attachement à nos professeurs que nous les implorons ainsi, mais c’est bien plutôt que nous réaffirmons le sérieux et la sincérité de notre pratique. « Je veux faire tout le chemin qui mène à l’illumination afin de pouvoir aider tous les autres. Alors, je vous en prie, ne partez pas ! J’ai besoin d’apprendre. » Nous nous adressons aussi aux enseignements eux-mêmes : « Shantidéva et ton texte, continuez à m’enseigner, je veux apprendre toujours davantage. Grâce à cela, permettez-moi d’obtenir une compréhension toujours croissante et de faire des progrès toujours plus grands. Ne vous arrêtez jamais avant que j’aie atteint l’illumination – avant que tous les êtres aient atteint l’illumination. »

Dédicace

La septième et dernière branche est la dédicace. Nous pensons : « Quoique j’apprenne, quoique je comprenne, que cela devienne une cause pour atteindre l’illumination et devenir capable d’œuvrer autant que possible pour le bien d’autrui. Puisse ma compréhension gagner toujours en profondeur. Puisse-t-elle m’imprégner et y déposer une empreinte indélébile pour que, peu à peu, je devienne capable de l’appliquer tout au long de la voie vers l’illumination. Et aussi, puissé-j’être capable d’appliquer dans ma vie quotidienne ce que j’ai appris, de sorte qu’une différence commence à se faire sentir dans mes rapports avec autrui, et que je puisse peu à peu apporter davantage de bonheur aux autres. »

La prière à sept branches de Shantidéva

Si nous le souhaitons, nous récitons ensuite le poème de Shantidéva qui couvre ces sept points, ainsi que ceux qui assoient au préalable la motivation, et ceux de la fin, avec l’offrande du mandala :

Jusqu’à ce que mon état soit purifié, je prends une direction sûre
De la part des Bouddhas, du Dharma et de la Plus Haute Assemblée.
Par la force positive de ma pratique du don, etc.
Puissé-je concrétiser la bouddhéité pour aider ceux qui errent !

Puisse la surface de la terre dans toutes les directions
Être pure sans même le moindre gravillon,
Aussi lisse que la paume de la main d’un enfant,
Naturellement polie comme la pierre de béryl !

Puissent les objets d’offrandes, divins et humains,
Véritablement déployés et aussi imaginés
Comme des nuages sans pareils d’offrandes de Samantabhadra
Emplir toute la sphère de l’espace !

(1) Je me prosterne devant vous, tous les Bouddhas
Qui avez honoré les trois temps,
Devant le Dharma et la Plus Haute Assemblée,
M’inclinant de tous les corps
Aussi nombreux que tous les atomes du monde.

(2) De même que Manjushri et les autres
T’ont fait des offrandes, Ô Victorieux !
Moi aussi, je vous fais des offrandes, à vous
    mes Gardiens Qui s’en Sont Ainsi Allés,
Et à vos enfants spirituels.

(3) Au fil de mon existence samsarique sans commencement,
Dans cette vie et dans d’autres,
J’ai commis par mégarde des actes négatifs
Et j’ai été la cause d’actes destructeurs commis par les autres.
De plus, aveuglé par la confusion de la naïveté,
Je m’en suis même réjoui(e). Quels que soient mes actes,
    voyant qu’il s’agit d’erreurs, je les dénonce ouvertement
Devant Vous, mes Gardiens, du fond de mon cœur.

(4) Avec plaisir, je célèbre l’océan de force positive
Né de la poursuite de votre but de bodhichitta
Qui est de procurer la joie à tous les êtres limités,
Et je me réjouis de vos actes qui ont apporté de l’aide
    à chacun d’eux.

(5) Joignant les paumes de mes mains,
Je vous en supplie, Bouddhas de toutes les directions,
Faites briller la lampe du Dharma pour les êtres limités
Qui souffrent et tâtonnent dans les ténèbres.

(6) Joignant les paumes de mes mains, je vous implore,
Triomphateurs qui passeraient au-delà de la peine :
S’il vous plaît, restez d’innombrables cycles cosmiques
Pour ne pas abandonner ces êtres errants à leur aveuglement.

(7) Quelle que soit la force positive que j’ai accumulée
Par tout ce que j’ai effectué de cette manière,
Puissé-je écarter la souffrance
De tous les êtres limités !

Adressant et offrant aux champs de bouddhas
Ce socle oint d’eaux parfumées, parsemé de fleurs,
Orné du Mont Mérou, des quatre îles, d’un soleil et d’une lune
Puissent tous les êtres errants être conduits
    vers les terres pures !
Om idam guru mandala-kam nir-yatami.
À vous, précieux Gourous, j’envoie ce mandala.

Ajustements finaux pour se concentrer

Nous trouvant maintenant dans l’état d’esprit réceptif que nous avons généré, nous sommes presque prêts à commencer le cours ou la session de méditation. Néanmoins, il est utile de prendre consciemment, au préalable, la décision d’écouter, d’étudier ou de méditer avec concentration. Nous décidons de ramener notre attention si elle s’égare et de nous ressaisir si nous commençons à nous assoupir. Lorsque nous prenons consciemment ces décisions, nous augmentons nos chances d’avoir une meilleure concentration.

Pour finir, nous accordons notre concentration et notre énergie. Dans le cas d’une sensation de sommeil ou de lourdeur, nous avons besoin d’élever notre énergie et de nous réveiller. Pour cela, comme il est dit dans les enseignements de Kalachakra, nous nous concentrons sur le point qui se trouve entre nos sourcils, les yeux tournés vers le haut et la tête restant droite. Ensuite, dans le cas où nous nous sentons quelque peu agités ou stressés et que notre esprit s’égare, nous avons besoin d’ancrer notre énergie pour la calmer. Pour cela, nous nous concentrons sur un point qui se trouve légèrement au-dessous du nombril, au centre de notre corps, les yeux tournés vers le bas et la tête restant droite. Tout en inspirant normalement, nous retenons notre souffle jusqu’à ce qu’il soit nécessaire d’expirer.

Ces conseils viennent terminer l’ensemble des préliminaires à un cours, à la méditation ou à l’é tude en privé du Dharma. Shantidéva lui-même a souligné les bienfaits et la nécessité de la pratique à sept branches, et tous les maîtres tibétains de ma connaissance insistent sur le fait que ces sept branches forment la base de la pratique quotidienne. Même prises en tant que telles, elles constituent une pratique quotidienne complète. Nous pouvons y procéder en récitant un poème, comme celui de Shantidéva, ou nous pouvons les effectuer sans réciter de poème, avec nos propres mots ou encore, simplement, avec nos sentiments. Le plus important est de ressentir chacune des sept branches. Le fait de ressentir quelque chose est ce qui amène l’esprit à un état propice à la méditation ou à l’étude.

Après ces préliminaires, pour notre réelle session de méditation, nous pouvons nous concentrer sur le souffle, sur un sujet de la voie graduée (lam-rim), ou sur quelques vers de Shantidéva. Les préliminaires nous mettent dans un état d’e sprit réceptif approprié, quel que soit notre choix pour la session réelle de méditation. Nous pouvons même choisir de faire seulement les préliminaires, ce qui est, en soi, une excellente pratique. Le temps que nous passons sur les préliminaires peut varier et dépend de nous. Mais que nous les fassions rapidement ou lentement, il faut éviter d’en faire un rite vide de sens. Il est nécessaire de garder leur signification présente à l’esprit et d’essayer de ressentir chaque étape en toute sincérité.

Merci à vous.